IB French A Lit Comment Analyser La Non-fiction En Prose Notes
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La méthode est celle de la fiction, avec une donnée en plus
La démarche reste la même que devant un texte de fiction : identifier ce que le texte fait, montrer par quels choix de langue il le fait, puis relier le procédé au sens.
La donnée propre à la non-fiction est la présence réelle de l'auteur, car le « je » y est à la fois le sujet raconté et la voix qui raconte.
Chaque procédé porte donc un poids supplémentaire, celui d'une expérience vécue plutôt qu'inventée, et le lecteur juge l'écriture en sachant cela.
Commencez par la voix
Ouvrez l'analyse en caractérisant la voix de l'auteur : quel est son registre (soutenu, intime, savant, lyrique) et sa tonalité dominante (assurée, inquiète, ironique, tendre) ?
Appuyez chaque caractérisation sur des exemples de langue précis, faute de quoi elle reste une impression.
Une affirmation exacte sur la voix fixe les termes de tout ce qui suit, ce qui en fait le premier geste analytique, et le plus rentable.
Les phrases brèves et déclaratives créent une impression de proximité et de franchise, tandis que les longues phrases à subordonnées font sentir la complexité ou la réticence.
Le rythme n'est donc pas un ornement, il argumente en imposant au lecteur la vitesse à laquelle il a le droit de comprendre.
Séparez le je narré du je narrant
Dans un mémoire, précisez toujours de quel « je » vous parlez, sous peine de confondre deux positions opposées.
Le je narré vit la scène sans la comprendre, et le je narrant l'interprète depuis une position rétrospective.
Les formules « je comprends aujourd'hui », « je devais l'apprendre plus tard » ou « ce que je ne voyais pas alors » signalent un moment réflexif à analyser de près.
Le rapport que le je narrant entretient avec le je narré (nostalgique, critique, tendre, ironique) est lui-même un procédé, puisqu'il indique au lecteur comment juger la scène.
L'écart entre les deux instances constitue le moteur de la plupart des mémoires : repérez-le, puis expliquez ce que la voix adulte fait de ce qu'a vécu la voix ancienne.
Affirmation, preuve, explication, lien
Chaque paragraphe d'analyse demande une affirmation sur ce que le texte fait, une preuve (une citation brève, une image, un choix de structure) et une explication qui relie le procédé à son effet.
Le lien final ramène le paragraphe à la lecture d'ensemble, sans quoi l'analyse se réduit à une suite d'observations isolées.
En non-fiction, rapportez toujours le procédé à l'expérience réelle de l'auteur, car une image dans un mémoire ne pèse pas comme la même image dans un roman.
Example
Faible : « L'auteur emploie des images pour décrire ses livres d'enfance. »
Fort : lorsqu'il ne voit plus dans ces livres que « les seuls calendriers que nous ayons gardés des jours enfuis », Proust fait de l'objet de lecture un instrument de mesure du temps.
Pourquoi c'est plus fort : la seconde version cite, nomme l'opération (la substitution du calendrier au livre) et en tire le sens, à savoir que la lecture a conservé les journées plutôt que leur contenu.
Des formules pour rédiger
La voix : « La voix de l'auteur est [caractérisation], construite par [traits précis], ce qui produit… »
L'écart des deux je : « Le retour du je narrant, "je ne comprenais pas alors", ouvre entre l'expérience et sa compréhension un écart que le texte entreprend de combler. »
L'élargissement : « Le passage de [détail concret] à [réflexion générale] suggère que… »
L'image : « L'image de [X] porte la valeur de [Y] et rend sensible l'abstrait en… »
La structure : « La structure digressive de ce passage est un choix : suivre [telle pensée] conduit à… »
Exam technique
Ne dressez pas la liste des procédés repérés : construisez une thèse sur ce que le texte explore et montrez comment les choix de langue la servent.
Vous pouvez nommer l'auteur, à condition que l'analyse revienne toujours au texte, c'est-à-dire à des choix de langue précis et à leurs effets.
Réservez vos citations les plus longues aux passages que vous allez démonter mot à mot, et cite brièvement partout ailleurs.
Interactive question
Devant un extrait de mémoire, quelle distinction est la plus rentable analytiquement ?
Markscheme
La distinction entre le je narré (qui vit) et le je narrant (qui interprète) est centrale dans l'analyse du mémoire [1]
Active recall
Pourquoi la voix est-elle un bon point de départ pour analyser la non-fiction en prose ?
Quelle différence sépare le je narré du je narrant dans un mémoire ?
Donnez trois formules utiles pour rédiger sur la non-fiction en prose.
Que veut dire qu'une structure digressive est délibérée plutôt qu'accidentelle ?